Séance 4 : Le cinéma à vocation scientifique du groupe Dziga Vertov

Raphaël Jaudon (doctorant contractuel en Études cinématographiques, Université Lumière Lyon 2)

que-faireLe cinéma peut-il devenir une science ? Poser cette question, c’est déjà suggérer un croisement possible entre les pratiques documentaires, soucieuses d’atteindre une certaine vérité du réel, et les pratiques expérimentales, attentives aux processus et aux méthodes par lesquels s’élaborent les images. Derrière cette tension, qui n’a que l’apparence d’un clivage, ce sont bien les deux pôles de l’activité scientifique – protocole et résultats – qui trouvent chacun un écho dans le domaine esthétique. C’est à ce problème que tente de répondre le cinéma du groupe Dziga Vertov (Godard et Gorin, 1968-1972), en prenant le soin d’y ajouter un troisième terme : si toutefois il est possible de faire des films comme d’autres font de la science, comment faire en sorte que ce cinéma devienne une science politique ? Il s’agit alors d’interpréter le monde, mais seulement pour mieux le transformer ; d’expérimenter, mais toujours dans un but réaliste. Une manière de dire que toute révolution politique se doit d’être précédée par une révolution perceptive, et que dans cet espace, le cinéma pourrait bien avoir un rôle à jouer.

Jeudi 9 avril 2015 de 9h à 11h

Université Lumière Lyon 2, MILC, 35 rue Raulin