Séance 3: « Nouvelles d’Amérique Latine »

Introduction à l’œuvre de Carlos Hugo Christensen, par Jean-Claude Seguin (professeur des universités, Université Lumière Lyon 2)

diffractions_carloshugochristensenCarlos Hugo Christensen (1914-1999), figure méconnue du cinéma argentin, est pourtant un cinéaste majeur qui, au-delà des vicissitudes et de son ancrage principal dans deux pays latino-américains (’Argentine et le Brésil, mais il a produit également au Chili et au Venezuela… et sans doute aux États-Unis), a su construire une œuvre personnelle et originale. Son cinéma – qui jusqu’à présent n’a donné lieu à aucune publication importante et scientifique –, malgré une variété incontestable, parvient à se lire avec une claire continuité, comme si son monde personnel et son esthétique surmontaient les aléas d’une filmographie multiple. Le séminaire se propose avant tout de faire découvrir ce metteur en scène, tout en réfléchissant à son écriture qui survit tant dans la comédie « de remariage », genre qu’il affectionne tout particulièrement dans la première partie argentine de sa production, que dans celle du mélodrame ou du film noir, toujours au cours de cette première période. Son intérêt pour les personnages troubles et l’érotisme participent à des créations inquiétantes. Ce cinéma qui se situe aux limites des territoires va trouver une forme de second souffle dans la production brésilienne, en particulier lors de son deuxième séjour au Brésil, où les corps participent, avec une nouvelle force, à des œuvres originales qui vont laisser cours à des érotisations plus marquées et plus diverses que lors de ses premiers films. De Safo, historia de una pasión (1943) à O Menino e o vento (1967), de Si muero antes de despertar (1952) à A Intrusa (1980), la marque de Carlos Hugo Christensen reste présente, comme si son éthique et son esthétique avaient traversé les territoires.

L’intervention de Jean-Claude Seguin sera précédée de la présentation de la thèse (en cours, sous la direction de Martin Barnier et Jean-Claude Seguin) de Laura Martinez Haro, doctorante en Études Cinématographiques, co-dirigée en Études Ibériques et Méditerranéennes, chargée de cours à Sciences Po Lyon (Le passé récent vu par le cinéma : Mouvements d’étudiants et cinéma au Mexique) :

Le cinéma mexicain a représenté sous différentes formes les mouvements d’étudiants de 1968 et de 1971 dès la première heure. L’œuvre cinématographique est devenue ainsi un élément clé dans la construction de la mémoire. Ce travail porte donc sur la représentation de l’histoire au cinéma dans un contexte où l’événement historique a été remanié par l’histoire officielle.

Vendredi 18 mars 2016 de 10h à 12h30

Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, 18 Quai Claude Bernard, Salle B150

Une séance organisée en collaboration avec le Séminaire ARIMES (Passages XX-XXI)