Cinémas d’Afrique et des diasporas noires

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Teza (Haile Gerima, 2008)

Double Rencontre avec Frédérique Devaux et Daniela Ricci autour de leurs ouvrages récents:

F. Devaux, De la naissance du cinéma kabyle au cinéma amazigh, Paris, L’Harmattan, 2016

D. Ricci, Cinémas des diasporas noires: esthétiques de la reconstruction, Paris, L’Harmattan, 2016

Une séance organisée dans le cadre du séminaire ARIMES (Université Lyon 2)

 

Daniela RICCI, a obtenu un doctorat à l’Université Lyon3-Jean Moulin en co-direction avec la Howard University de Washington. Chargée de cours en études cinématographiques à l’Université Paris Nanterre, elle fait partie de l’équipe de recherche HAR (Histoire des Arts et des Représentations) et de l’équipe Marge de Lyon. Ses recherches portent sur les questions de la représentation et de la marge dans les films contemporains d’Afrique et de ses diasporas. Elle a écrit divers articles et dirigé trois ouvrages collectifs sur ce sujet. Elle est auteure du livre Cinémas des diasporas noires : esthétiques de la reconstruction (L’Harmattan, 2016) et a écrit, produit et réalisé le documentaire Imaginaires en exil. Cinq cinéastes d’Afrique se racontent (52 min., 2013).

Cette communication vise à explorer les « puissances esthétiques des lisières culturelles » à travers l’analyse de films d’auteur tels Haile Gerima ou Alain Gomis. A partir de leurs premiers court-métrages, ils développent une poétique de la transformation, chacun incarnant la condition noire diasporique à sa propre façon. Bien que dans deux contextes bien distincts, leur position de minorité leur permet un regard inhabituel et novateur, susceptible de proposer un devenir épistémologique et de nouveaux possibles.

Ces récits fictifs portent la trace de l’expérience subjective du cinéaste et racontent une partie du réel souvent négligée dans les représentations dominantes. Les propositions formelles syncrétiques et complexes relèvent d’une dialectique interculturelle et reflètent la reconstruction, à laquelle les personnages sont obligés par leur condition sociale et historique.

Le potentiel révolutionnaire et politique de ces œuvres mineures est étudié à la lumière des théories de Gilles Deleuze et Félix Guattari.

 

Frédérique DEVAUX: Maître de conférences à l’Université de Aix/Marseille, Département Arts Science,Technologies pour la Recherche Audiovisuelle Multimédia, Laboratoire de recherche ASTRAM, EA 4673. Franco-berbère, auteure notamment De la naissance du cinéma kabyle au cinéma amazigh (L’Harmattan, 2016).

L’intervention abordera les questions de production en Kabylie algérienne, notamment au moment de la transition entre le « tout-étatique » et la privatisation, au milieu des années 1990, en prenant pour exemples les trois premiers films de cette toute jeune cinématographie. La mixité des équipes de tournage (franco-algérienne dans divers cas) et les moyens mis en place pour parvenir à un film « professionnel » seront interrogés.

Une attention particulière sera réservée au rapport entretenu entre ces films et la diaspora kabyle, car ces œuvres ont en effet connu un succès énorme auprès d’un public peu ou pas du tout habitué au cinéma, parfois même illettré. L’intervenante s’interrogera enfin sur la portée de ces réalisations et la manière dont elles se détachent des formes classiques pour aborder les rivages du sensible à partir de figures connues de la grammaire cinématographique.

Le vendredi 17/02/2017 de 10h à 12h, à l’Université Lumière Lyon 2, Salle B102, Campus Porte-des-Alpes, 5 av. Pierre Mendès-France, 69500 Bron